Logo de BNP Paribas sur un bâtiment bancaire à Paris
BNP Paribas a dépassé les attentes au deuxième trimestre jeudi grâce à un volume record de transactions sur actions et à la reprise de sa banque de détail, le résultat net du groupe ayant progressé d'un tiers, compensant ainsi la hausse des coûts liée à l'intégration d'AXA Investment Managers.
Le résultat net part du groupe (RNPG) du trimestre clos fin juin s'est élevé à 4,35 milliards d'euros, en progression de 33,4% et au-dessus des 4,21 milliards attendus en moyenne par 15 analystes sondés par BNP Paribas, soutenu par des gains exceptionnels liés à la refonte du partenariat avec le groupe d'assurance Ageas.
Les revenus de BNP Paribas, première banque de la zone euro en termes de bilan, ont grimpé de 12% sur un an pour atteindre 14,1 milliards d'euros, un chiffre également au-dessus des attentes, tandis que les frais de gestion ont augmenté de 10,4%.
A Paris, vers 09h10 GMT, l'action recule d'environ 1% à 105,6 euros, contre un repli de 0,8% pour le CAC 40 au même moment.
Les analystes ont relevé que les coûts constituaient un point faible dans un trimestre par ailleurs encourageant, mettant en avant des dépenses légèrement supérieures aux prévisions à la suite de l'acquisition de la branche de gestion d'actifs d'AXA, ainsi que la faiblesse persistante de la filiale de location longue durée de véhicules Arval.
"Les marchés se concentreront probablement sur ce qui est perçu comme un 'écart' au niveau des coûts, mais nous soupçonnons BNP d'avoir profité de la bonne performance de son chiffre d'affaires pour anticiper les coûts d'intégration d'AXA IM", a indiqué Jefferies dans une note. Citi a qualifié ces résultats de "bons", soulignant la bonne performance des actions et la solide génération de capital.
BNP Paribas ouvre le bal des résultats trimestriels parmi les grandes banques européennes et les investisseurs attendent de voir si elle a su profiter des turbulences découlant de la guerre en Iran et de la vague de fusions-acquisitions qui ont bénéficié aux géants de Wall Street.
La volatilité provoquée par la guerre en Iran a été une aubaine pour les salles de marché, alors que les opérations de fusion-acquisition et les introductions en Bourse ont fait grimper les commissions des banques d'investissement.
EQUITY & PRIME SERVICES À UN NIVEAU RECORD
La banque de financement et d'investissement (BFI) de BNP Paribas, moteur de la stratégie d'expansion du directeur général Jean-Laurent Bonnafé, a enregistré une hausse supérieure aux attentes de 12,7% de son produit net bancaire, soutenue par un bond de 43,2% des revenus d'Equity & Prime Services, après plusieurs trimestres de performances mitigées.
Les revenus des activités de titres à revenu fixe, devises et matières premières (FICC) sont cependant ressortis globalement stables, ce constitue une sous-performance par rapport aux concurrents américains de BNP Paribas, qui ont tous publié des résultats en hausse pour ce secteur.
Plusieurs géants de Wall Street, dont JPMorgan et Bank of America ont affiché une hausse globale de leurs revenus de banque d'investissement supérieure à 30% ce trimestre.
AUGMENTATION DE CAPITAL, OBJECTIFS CONFIRMÉS
BNP Paribas a indiqué avoir atteint, fin juin, son objectif de 13% pour le ratio de fonds propres de base de catégorie 1 (CET1) - une mesure clef de l'efficacité des groupes bancaires - devançant ainsi l’objectif de fin d’année évoqué par Jean-Laurent Bonnafé en avril.
Cette situation de fonds propres a été favorisée par la conclusion, en avril, d’un accord de partenariat remanié avec l’assureur belge Ageas, qui a généré 858 millions d’euros de plus-values.
L'établissement français, qui a confirmé ses objectifs financiers pour 2026 et 2028, a indiqué qu'il présenterait son prochain plan stratégique en février de l'année prochaine.
Les investisseurs suivent également de près le recours formé par le groupe contre un jugement rendu par un tribunal américain dans le cadre d’un litige lié au conflit soudanais, dans le cadre duquel BNP Paribas a été condamnée en octobre dernier par un tribunal américain à verser un total de 20,5 millions de dollars de dommages et intérêts.
La banque, qui a déclaré faire appel du jugement, a déposé son mémoire introductif d’instance auprès de la Cour d’appel des États-Unis pour le deuxième circuit en mai et a indiqué avoir depuis reçu le soutien, sous forme de mémoires d’amicus curiae, des gouvernements américain et suisse.
(Mathieu Rosemain, version française Augustin Turpin, édité par Benoit Van Overstraeten)

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